Mount
| Fiche express | |
|---|---|
| Domaine | Montage de systèmes de fichiers |
| Commande | mount, umount, findmnt
|
| Contexte | Réseau (CIFS/NFS), disques locaux, ISO, tmpfs, mode rescue |
| Voir aussi | Blockdev (périphériques bloc) |
mount attache un système de fichiers (disque, partage réseau, image ISO, mémoire) à un point de montage existant dans l'arborescence ; umount le détache. Les montages faits directement en ligne de commande ne survivent pas à un redémarrage — pour les rendre permanents il faut les déclarer dans /etc/fstab.
Lister les montages
mount # liste tous les montages actifs
findmnt # même chose, présentation en arbre plus lisible
findmnt /mnt/data # cible un point de montage précis
cat /proc/mounts # source brute utilisée par mount/findmnt
Remonter en lecture-écriture (mode rescue)
Cas typique : boot en mode single/rescue où / est monté en lecture seule.
mount -o remount,rw /
Monter un partage réseau
CIFS/SMB
mount.cifs (option -t cifs) est le pilote moderne à privilégier ; smbfs est l'ancien nom, obsolète depuis longtemps mais encore rencontré sur du matériel ancien.
mount -t cifs -o username=utilisateur,password=motdepasse //192.168.0.100/partage /mnt/partage
mount.ntfs-3g -o username=utilisateur,password=motdepasse //PC/partage /mnt/partage # partage exposé par un NTFS Windows
# ancien pilote smbfs (déprécié, à éviter sur un système récent) :
mount -t smbfs -o username=utilisateur,password=motdepasse //nom-netbios/partage /mnt/partage
NFS
mount -t nfs serveur:/home /mnt/backup
Monter par label
Utile quand le nom du périphérique (/dev/sdX) peut changer d'un boot à l'autre.
mount -t ext3 -L DATA /mnt/backup
Bind mount
Un bind mount rend un répertoire déjà existant visible à un second endroit de l'arborescence, sans dupliquer les données ni créer de nouveau système de fichiers.
mount --bind /home/toto /home/titi/toto
Équivalent dans /etc/fstab pour le rendre permanent :
/windows /media/windows none bind 0 0
Monter une image disque
ISO
mount -o loop /chemin/vers/image.iso /mnt/iso
initrd
L'initrd est une image compressée : il faut d'abord la décompresser avant de pouvoir la monter en loopback.
zcat initrd.img > /home/initrd.out
mount -o loop /home/initrd.out /mnt/isolinux/
# variante en forçant la détection automatique du type de système de fichiers :
mount -t auto -o loop /home/initrd.out /mnt/isolinux/
tmpfs (montage en mémoire)
mount -t tmpfs tmpfs /tmp
Options de montage courantes
Quelques options fréquentes à connaître, valables pour la plupart des systèmes de fichiers classiques (ext3/ext4 notamment) :
- sync / async : entrées-sorties synchrones (écriture immédiate sur le disque) ou asynchrones (mise en cache, plus rapide mais moins sûr en cas de coupure)
- exec / noexec : autorise ou interdit l'exécution de binaires depuis ce montage
- auto / noauto : montage automatique au boot ou non (pertinent uniquement dans
/etc/fstab) - noatime / nodiratime : n'écrit pas la date de dernier accès sur les fichiers/répertoires — évite des écritures disque inutiles
- discard : active le TRIM à la volée, à réserver aux disques SSD
- errors=remount-ro : remonte le système de fichiers en lecture seule en cas d'erreur détectée, plutôt que de continuer à écrire sur un FS corrompu
Sur ext3/ext4, l'option data= contrôle le niveau de journalisation des données (pas seulement des métadonnées) : data=journal (le plus sûr, le plus lent), data=ordered (par défaut sur la plupart des distributions, bon compromis) et data=writeback (le plus rapide, le moins sûr en cas de crash).
Exemple de ligne /etc/fstab orientée performance SSD, à réserver aux cas où la durabilité stricte des données n'est pas critique (journalisation allégée, écritures groupées) :
UUID=xxxx /mnt/data ext4 defaults,noatime,nodiratime,discard,data=writeback,commit=100 0 1
Exemple plus conservateur, adapté à un disque SSD sans sacrifier la journalisation par défaut :
UUID=xxxx /mnt/data ext4 noatime,discard,errors=remount-ro 0 1
Voir aussi
- Blockdev — inspection et réglage bas niveau des périphériques bloc sous-jacents