Décommissionnement de serveur
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| Fiche express | |
|---|---|
| Domaine | Décommissionnement de serveur (physique ou virtuel) |
| Commande | sanlun lun show, multipath -f
|
| Contexte | Retrait définitif d'un serveur de production, après une période de quarantaine |
| Voir aussi | Chkconfig / Systemctl (arrêt propre des services) |
Le décommissionnement d'un serveur (physique ou virtuel) est un processus en plusieurs étapes : validation de l'arrêt d'usage, quarantaine, puis démontage méthodique de tout ce qui a été construit autour de la machine — annuaire, réseau, bases de données, sauvegardes, supervision, documentation, et enfin le matériel lui-même pour un serveur physique. Sauter une étape laisse des résidus (comptes AD orphelins, routes réseau mortes, LUN SAN non libérées, jobs de sauvegarde qui échouent en boucle...).
Préparation
Avant toute action irréversible :
- Valider que le service métier ou l'équipe propriétaire n'utilise plus l'application.
- Identifier les dépendances de l'application (autres serveurs, bases de données, flux d'échange) pour ne rien casser en aval.
- Une fois ces deux points validés, éteindre le serveur (sans le démonter) et observer une
**quarantaine d'environ 30 jours** : si personne ne se manifeste pendant cette période, on passe au démantèlement proprement dit.
Annuaire et système
- Sortir proprement la machine du domaine Active Directory.
- Vérifier que le compte d'ordinateur associé a bien disparu de l'AD (le supprimer sinon).
- Supprimer les enregistrements DNS et les alias associés.
- Retirer le serveur de la console antivirus.
- Désinstaller les agents de gestion de parc (type ILMT/LANDesk/ZENworks) et les retirer de leur console.
- Retirer le serveur de l'outil d'ordonnancement de jobs (type sysload) et de sa console.
- Supprimer les comptes et groupes applicatifs locaux.
- Récupérer l'IP libérée et mettre à jour la documentation réseau (IPAM).
- Créer un compte administrateur local temporaire (utile en cas de reprise en urgence pendant le démontage), le stocker dans le coffre-fort de mots de passe de l'équipe et étiqueter physiquement la machine avec sa référence.
Réseau
Identifier puis supprimer toutes les routes/règles qui pointaient vers le serveur :
- Routes entre ce serveur et les autres serveurs applicatifs.
- Routes entre ce serveur et ses clients.
- Routes entre ce serveur et sa base de données.
- Routes entre ce serveur et la supervision.
- Routes entre ce serveur et les rebonds/bastions.
- Routes entre ce serveur et une éventuelle plateforme d'échange (EDI/ETL).
- Entrées de répartiteur de charge (load balancer) pointant vers l'IP du serveur.
- Règles de pare-feu référençant l'IP du serveur.
- Appartenance à un VLAN : vérifier si le VLAN reste utilisé par d'autres machines une fois ce serveur retiré, sinon le décommissionner aussi.
- Tunnels VPN ou accès externes exposés par ce serveur, s'il y en a.
- Entrées de proxy sortant référençant le serveur.
Bases de données
Oracle
- Identifier les bases/schémas liés à l'application.
- Démonter l'instance (ou juste le schéma selon le cas).
- Si instance dédiée : identifier le volume de stockage (ASM, local, partagé) et démarrer la procédure de libération de ce volume.
- Si instance dédiée : supprimer les sauvegardes associées.
- Si schéma seul : supprimer aussi son tablespace.
- Retirer les entrées
tnsnames.oracorrespondantes sur les postes clients. - Supprimer les utilisateurs applicatifs Oracle.
- Supprimer les jobs de sauvegarde (TSM/NetWorker/NetBackup) liés à cette instance — vérifier au préalable qu'aucune classe de sauvegarde partagée n'en dépend encore.
- Retirer la supervision de l'instance.
- Mettre à jour la documentation.
SQL Server
- Identifier les bases liées.
- Démonter les instances.
- Supprimer les sauvegardes associées.
- Identifier puis supprimer les comptes de service Active Directory dédiés.
- Supprimer les jobs de sauvegarde liés.
- Retirer la supervision de la base.
- Mettre à jour la documentation.
Sauvegardes
- Supprimer l'ordonnancement des sauvegardes et retirer le host de l'outil de sauvegarde (TSM ou équivalent).
- Selon la politique de rétention en vigueur : soit supprimer les archives sur baie virtuelle (VTL) et sur bande, soit basculer une dernière sauvegarde sur bande à conserver en armoire puis purger la VTL, soit conserver les données existantes sans y toucher.
- Consigner l'arrêt du périmètre de sauvegarde dans le formulaire de fin de sauvegarde en vigueur dans l'organisation.
Architecture applicative
- Vérifier qu'aucune donnée du serveur ne reste sur une plateforme d'échange (EDI/ETL).
- Démonter les volumes ou espaces dédiés à l'application sur ces plateformes.
- Si un ordonnanceur central de jobs est utilisé (type Dollar Universe) : désinscrire les nodes du serveur et son inscription auprès de l'ordonnanceur.
Supervision
- Demander le retrait du host et des services de supervision (Nagios ou équivalent) associés au serveur.
- Demander le retrait de la supervision des bases/instances liées, si elle existe encore.
Documentation
- Marquer comme obsolètes les procédures applicatives liées (fiches d'exploitation, dossiers d'architecture, procédures de mise en production, procédures d'installation...).
- Mettre à jour la CMDB.
- Archiver la documentation dans un espace dédié aux systèmes décommissionnés plutôt que de la supprimer.
- Mettre à jour le plan de reprise/continuité d'activité (PRA/PCA).
- Mettre à jour l'inventaire matériel/logiciel.
- Supprimer ou désactiver les mots de passe associés dans le coffre-fort de mots de passe.
- Mettre à jour la documentation d'occupation des emplacements en armoire (datacenter).
Serveurs physiques : stockage SAN
Pour un serveur physique raccordé à une baie SAN (NetApp ou EMC), avant tout démontage matériel :
# Sur le serveur : identifier les LUN et le contrôleur associé
sanlun lun show
# Nettoyer proprement le multipath avant de retirer les volumes
multipath -ll # lister les périphériques multipath actifs
multipath -f mpathX # supprimer un périphérique multipath une fois inutilisé
Puis, côté baie :
- Démapper les LUN précédemment identifiées.
- Supprimer les LUN et les qtree correspondants.
- Si le volume ne contient plus de LUN ni de partage NFS/CIFS et qu'il n'est pas répliqué par SnapMirror : supprimer le volume.
- S'il est répliqué ou sauvegardé par SnapVault : casser la réplication, puis supprimer le volume et son image.
- Supprimer les initiators correspondant aux HBA du serveur ainsi que son igroup.
- Si le volume est mutualisé avec d'autres serveurs : ne purger que les données applicatives propres à ce serveur sur les espaces partagés.
- Sur les fabrics SAN : supprimer le zoning associé.
- Mettre à jour la documentation de câblage/zoning.
Démontage physique
- Débrancher les fibres et câbles cuivre, en notant leur emplacement de stockage.
- Démonter le serveur de la baie (déterminer au préalable le lieu de stockage du matériel retiré).
- Débrancher les câbles onduleur et série (console).
- Mettre à jour la matrice de câblage de la baie auprès de l'équipe réseau.
- Câbles cuivre : ne débrancher que la jarretière cuivre, noter le port utilisé et demander à l'équipe réseau de le libérer.
- Câbles fibre optique/SAN : démonter les câbles FO correspondants.
- Câbles KVM : les débrancher s'ils sont présents.
- Mettre à jour la documentation après chaque opération.
Fin de vie du matériel
- Réaliser un inventaire du matériel physique retiré (hors cas exceptionnel de matériel obsolète mis directement au rebut) et le faire valider.
- Une fois la validation obtenue, contacter le loueur pour planifier l'enlèvement du matériel : nombre de palettes, inventaire transmis, date d'enlèvement souhaitée.
- Une fois l'enlèvement effectué, sortir le matériel du référentiel d'inventaire et mettre à jour les fichiers d'inventaire en conséquence.